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19/03/2010

Et ça parle toujours d'amour

1065112005.jpg

 

Questions à Madeline Roth

 

Septième.Lucie Pastureau.jpgL.Pastureau

 

 

 

Est-ce qu'en écrivant ce livre tu te doutais qu'il serait publié par Focale, dans une collection de photolittérature ?


Non. Ce livre a mis des années à s'écrire, il a eu des centaines de versions. Pour moi, il n'était même pas question de publication : j'avais juste besoin de l'écrire.

 


Y a-t-il une réticence à laisser la main à un photographe, qui va donner des visages et des décors prégnants à ton oeuvre ?


Oui, évidemment. Le texte a d'abord été soumis à une jeune photographe qui avait fait des photos assez provocantes. ça n'allait pas. Quand Tieri Briet et moi avons découvert le travail de Lucie Pastureau, il était évident qu'il y avait quelque chose d'intime, de pudique et à la fois de très fort dans ses photos. Je crois que lorsque Lucie a dit oui, les peurs sont parties. Je travaille en librairie jeunesse et je me pose depuis plusieurs années maintenant la question de l'illustration d'un texte. Ici, c'était la même chose : on n'a pas demandé à Lucie d'illustrer le texte, c'est une sorte de deuxième voix, c'est son regard à elle. Je me souviens que Laura était rousse dans le texte, et les photos de Lucie montraient une jeune fille brune : on a beaucoup discuté de cela. Etait-ce possible de garder ce double langage, au risque de gêner la lecture ? Lucie a dit quelque chose qui me touche beaucoup : "J'ai choisi de ne pas incarner les personnages, surtout celui de Laura, qui est justement, dans le texte, tellement détachée de son corps". Les images qu'a faites Lucie ne sont pas celles qui habitent le texte depuis des années, mais il y a des choses troublantes, des ressemblances, des échos.

 


Est-ce une expérience à recommencer ? Telle quelle ?Est-ce que tu serais prête à écrire en collaboration avec un photographe, de manière à construire en même temps l'histoire et les images ?


Je pourrais recommencer l'expérience telle quelle, bien sûr, si le/la photographe avait le même talent que Lucie. Mais je crois que ce qui me plairait beaucoup, c'est de faire l'inverse : d'écrire à partir des images. Ou même de faire les images moi-même.

 


Parle nous du livre/film/chanson, bref, du texte que tu rêverais d'écrire/d'avoir écrit. L'oeuvre parfaite que tu aimerais avoir réalisé dans ta vie.

 

ça, c'est presque la question impossible ! Il y a de trop de choses que j'aime, trop de livres, trop de gens. Mais s'il faut choisir... L'un des premiers livres qui m'a marquée, adolescente, et sans doute celui que j'ai relu le plus de fois, c'est 37°2 le matin, de Philippe Djian. Je connais des passages par cœur, j'ai corné des dizaines de pages. Le personnage de Betty me bouleversait. Djian dit : "je crois que le monde est trop petit pour elle". Et puis aussi Les nuits fauves, de Cyril Collard. Betty et Laura se ressemblent. Et c'est un peu pour ça que le personnage de Septième s'appelle Laura. J'aime quand ça déborde, que ça hurle, j'aime le trop d'amour.

 




03/03/2010

International Photography Awards

 

Jude by Estelle Dougier.jpg

(Ceci n'est pas la photo sélectionnée, mais une aide pour la reconnaître sur le site de l'IPA)

 

Il s'appelle Jude, le héros de Métrodore. Et c'est la photo qui le représente entrain de réfléchir qui a été sélectionnée, avec une autre photographie d'Estelle Dougier, par l'International Photography Awards.

Les photos sélectionnées défilent en haut du site.

 

Bravo à Estelle et à Vincent, le jeune homme qui posa pour Jude.

17/02/2010

Entrevue avec Estelle Dougier

 

 

 

Image Estelle .jpg
charme estival
Série "Figures de l'ombre"

 

 

Comment s'est passé la réalisation de Métrodore ? Était-ce une expérience nouvelle, que de se retrouver face à un texte et d'avoir à illustrer photographiquement ?

 

Oui, c’était pour moi une expérience nouvelle.

Quand Tieri Briet m’a parlé de ce projet, j’ai tout de suite eu envie de tenter l’expérience. Ma seule crainte était que le texte ne me plaise pas ou ne m’inspire pas et, dans ce cas, j’aurais refusé.

Comme j’ai adoré « Métrodore » dès la première lecture, je n’ai plus hésité, j’ai attrapé mon appareil (un Hasselblad 501 CM) et des pellicules couleur et je me suis lancée dans l’aventure.

 

Avez-vous tenté d'illustrer ce roman au plus près ? Ou bien d'avoir fait un travail parallèle, en vous éloignant du texte ?

 

Un mélange des deux.

J’ai lu le texte une première fois sans prendre de notes, une deuxième fois en notant dans un cahier tout ce qu’il m’inspirait visuellement et une troisième en soulignant  les phrases qui me marquaient le plus. Ensuite, j’ai bâti une espèce de story-board chapitre par chapitre avec les photos que j’imaginais.

Pour les illustrations des chansons (en tête de chaque chapitre), je n’avais pas besoin d’être proche du texte et j’ai tenté d’illustrer ce que les paroles m’inspiraient, les émotions qu’elles suscitaient chez moi.

Pour l’histoire elle-même, sans faire pour autant des photos littérales, je souhaitais rester proche du roman et des personnages. À mes yeux, il s’agissait de les suivre tout au long de leur aventure, de montrer les lieux dans lesquels ils allaient, les gens qu’ils rencontraient, les sentiments qu’ils éprouvaient.

J’ai cherché des personnes qui pourraient correspondre à ces personnages (le plus difficile ayant été de trouver un labrador) et qui accepteraient de poser. Avant les séances, j’avais déjà une idée assez précise des poses, de la lumière et de l’ambiance. De même pour les lieux, je souhaitais que, comme dans le roman, il y ait un hôpital, un chenil, des scènes de ville, de campagne et de bord de mer…

Tout au long de la réalisation des photographies, je n’ai cessé de relire le texte pour être certaine de ne pas trop m’en éloigner. Pour moi, il s’agissait vraiment de l’illustrer, pas de coller mes photos dessus. Je ne sais pas combien de fois, je l’ai relu !! L’avantage étant que je l’aimais suffisamment pour n’être jamais lassée.

 

Le roman photographique : est-ce une expérience que vous aimeriez recommencer ?

 

Oui car j’ai vraiment adoré travailler sur ce projet. Mais tout dépend du texte bien sûr !

 

Est-ce épanouissant pour le photographe ?

 

Pour moi, oui. Cette expérience m’a permis, tout en restant proche de mon style photographique, de me détacher, de me remettre en question et de bouleverser mes réflexes et mes habitudes. J’ai par exemple été obligée de faire plus de portraits que je n’en ai l’habitude, d’aller dans des endroits que je ne connaissais pas, de me confronter à une vision qui n’était pas la mienne, de me plonger dans l’univers de l’écrivain, Edith de Cornulier-Lucinière.

Bien évidemment, l’expérience a été d’autant plus épanouissante qu’Edith a apprécié mon travail. Je ne suis pas certaine que je dirais la même chose aujourd’hui si tel n’avait pas été le cas.

 

 

Est-ce que vous pensez que la photolittérature est un genre intéressant, porteur de sens ?

 

C’est un genre que j’appréciais déjà avant cette expérience alors je ne peux que répondre par l’affirmative.

 

 

Voyez-vous des écueils et des voies à explorer ?

 

Pour moi, le principal écueil serait de coller des images et du texte sans liens entre eux, de singer une rencontre qui n’a jamais eu lieu.

 

 

15/02/2010

Entrevue avec Lucie Pastureau

 

 

freres1Pastureau.jpg
série "Frères"

 

 

Comment s'est passé la réalisation de Septième ? Avez-vous travaillé en même temps Madeline Roth ? Ou bien le texte vous a-t-il été remis déjà achevé ?


J'ai travaillé à partir du texte déjà écrit, même si Madeline a continué à le corriger, à en réécrire certains passages. Nous nous sommes très peu vues avec Madeline à cause de la distance, mais nous avons noué une relation forte autour de ce travail, une connaissance et re connanissance de l'autre à travers le texte et l'image. Mon travail s'est fait de manière très spontanée et intuitive. Nous sommes restés, Madeline, Tieri et moi, pendant la période de prise des images, en contact et dialogue constant. J'ai mis un peu plus d'un an à produire ces images.


Avez-vous tenté d'illustrer ce roman au plus près ? Ou bien d'avoir fait un travail parallèle, en vous éloignant du texte ?


A la première lecture du texte, le travail m'a paru impossible. Il y a des passages très durs, crus, et je n'avais aucune idée de la façon dont les rendre en images, d'autant plus que le roman est destiné aux adolescents (en fait, j'ai très vite oublié à qui il était destiné).

J'ai alors décidé de prendre des libertés par rapport au texte. Je l'ai lu de nombreuses fois, commencé à faire quelques petits croquis d'images, puis je l'ai laissé de côté. J'avais le texte en moi et je n'y suis pratiquement plus revenue.

J'ai choisi de ne pas incarner les personnages, surtout celui de Laura, qui est justement, dans le texte, tellement détachée de son corps. J'ai choisi de me laisser guider par des ambiances, des couleurs, mon ressenti du texte, et le souvenir que j'en avais aussi, déformé par ma propre subjectivité et vécu.

Ma photographie est très liée à ma vie personnelle, j'ai donc continué dans cette voie. Je ne pense pas que j'aurai pu travailler avec des acteurs ou des personnes que je ne connaissais pas. J'ai, pendant un an, photographié, au gré de mes rencontres et de mes voyages. J'ai bien sûr organisé quelques séances avec mes frères et leurs amis, mais de manière très libre, je laissais se faire les choses, dans un lieu ou une lumière que j'avais choisi. Je ne sais pas mettre en scène, j'ai trop besoin du réèl, même si c'est pour ensuite glisser vers la fiction. C'est un livre à plusieurs mains, vraiment, Madeline et moi, Tieri, mes frères, leurs amis, et surtout Zoé, qui a accepté de rentrer un peu dans la peau de Laura, bref, ça s'est construit presque tout seul.

Les images prises une à une ne sont pas forcément intéressantes, c'est vraiment dans leur juxtaposition, dans le corpus qu'elles forment qu'elles prennent sens.


Le roman photographique : est-ce une expérience que vous aimeriez recommencer ? Est-ce épanouissant pour le photographe ? Est-ce que vous pensez que la photolittérature est un genre intéressant, porteur de sens ? Voyez-vous des écueils et des voies à explorer ?


Dans ce projet, on ne peut pas comprendre les images sans le texte. Même si elles sont aux antipodes de l'illustration, c'est en s'imbriquant dans les interstices des mots qu'elle se révèlent. Pour moi, le texte et l'image dans le livre, forment presque un troisième médium. C'est une recherche passionnante, et je la mène de mon côté aussi à travers d'autres projets. Depuis toute petite, j'ai le nez dans le livre, je voulais être écrivain. J'y arrive par des voies détournées!

Le livre est un lieu de création. La photolittérature est une recherche passionnante, même si elle est dangereuse... C'est très difficile de ne pas illustrer un texte, de ne pas "paraphraser" les mots en image. Je pense que les écueils sont là. Le problème aussi, quand une même personne fait les images et le texte, c'est qu'on lui reproche sa pluridisciplinarité : certains vous disent d'arrêter d'écrire, d'autres d'arrêter la photographie (c'est du vécu!). Bon, ici, le problème ne se pose pas, et c'est vraiment très riche de pouvoir mêler deux univers. Je pense que c'est en effet un médium à explorer, et dans lequel on dispose d'une grande liberté.


Pouvez-vous décrire un travail photographique que vous aimeriez avoir réalisé dans votre vie - en bref, quelle serait une oeuvre photographique idéale que vous aimeriez faire ?


J'aimerais continuer à faire des livres. Une œuvre photographique idéale, je ne sais pas, ce qui est dur surtout c'est de ne pas se répéter et de rester cohérent. De ne pas s'éparpiller aussi, à travers les différents projets, les boulots alimentaires, etc.

rienPASTUREAU.jpg

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Photos : Rien, qui fait partie de la série "Rien, mais les arbres" et une photo tirée du roman Septième.

 

03/02/2010

Cécile Menendez

 

C.Menendez.EnAttendant.jpg
(C.Menendez, photo tirée de la série "en attendant...")

 

 

La photographe Cécile Menendez a illustré le roman de Catherine Leblanc L'Avenir.

Voici le lien de son site.

 

M'informant secrètement auprès de gens qui connaissent Estelle Dougier, une autre photographe de Focale, pour rédiger une notice sur elle sur ce blog, j'apprenais qu'elle avait été une cadre dynamique avant de sombrer dans l'art photographique. Or, en navigant sur le site de Cécile Menendez, je découvre qu'elle a un parcours universitaire en sciences physiques, avant de faire un DEA en modélisation mathématique, à Liège. Alors comment est-elle tombée dans l'image ?
À Arles, bien sûr. En suivant des cours du soir à l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles.
Arles, la ville où est née et où se développe Focale... Arles, la ville photographique par excellence.
Il semblerait que la photographie happe des gens, les kidnappant à leur monde habituel pour les entraîner sur ses routes noires, blanches et colorées...

Je reprends, du site de Cécile Menendez, quelques phrases qui décrivent son travail intitulé Rapid Eye Movement :

"La phase “Rapid Eye Movement” est constituée par la phase du sommeil paradoxal, où les personnes lâchent prise et se libèrent de toute convenance. Les images semblent défiler dans un ordre incohérent et pourtant significatif ; Dans ce flux d’images, l’inconscient révèle notre nature profonde. Proche de mes rêves, j’explore les souvenirs très particuliers de séquences qui me sont apparues en rêve. Je ne souhaite pas donner corps à une vision onirique, mais simplement photographier mes proches de manière impulsive, parfois accidentelle ou en les faisant poser".

 

C.Menendez.RapidEye.jpg

Cette photo-ci est extraite de ce travail Rapid Eye Movement (REM).

Quant aux photos qu'elle a prises pour illustrer L'avenir, nous en avons déjà dévoilé quelques unes et nous continuerons, en attendant la parution en librairie.

 

Daniel Andorc'h, pour Focale

 

02/02/2010

Estelle Dougier

 

(reportage au cirque)Estelle Dougier au cirque.jpg

 

 

Estelle a exercé des métiers très sérieux avant de larguer les amarres pour partir faire le tour de la photographie.

Elle fait son entrée dans Focale en illustrant Métrodore.
Le roman raconte l'histoire de deux adolescents, Jude et Linérès, qui fuient ensemble l'hôpital pour tenir la promesse que Linérès avait fait à son amoureux avant qu'il disparaisse.

Estelle a dû s'immiscer dans un hôpital, dans un chenil, et faire des acrobaties sur les toits et dans un étang pour photographier ce roman. En quelques mois, elle s'est immergée dans le roman parce qu'il est difficile de faire ce type d'activité à moitié : elle a donc choisi de se concentrer sur Métrodore d'un coup.
Le résultat est magnifique et en attendant la parution du livre nous publions de temps en temps quelques unes de ses photos.

On peut lire une entrevue avec elle à cet endroit : elle y explique la façon dont elle vit son métier et on y voit quelques unes des ses photos.

Puis il y a son site :

Le site d'Estelle Dougier