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17/05/2010

Les années VillaBar, chronique photolittéraire

Nous reproduisons ici un article écrit dans une revue des années 2060, La saga des voix lactées, sur le livre photolittéraire Les années VillaBar. Nous espérons que les auteurs de cette revue de l'avenir, La saga des voix lactées, auront l'amabilité de s'intéresser aux oeuvres crées par Focale, et d'en publier des commentaires et articles utiles.

Les années VillaBar.jpg

Album de 17 000 pages, agrémenté des illustrations de Phil Nat Guang.
Papier antique. Couverture et photographies glacées.
Editions Furibonde, 2062

Les éditions Furibonde plongent à nouveau dans la mélancolie. Après J’ai mangé ta vie, de Malo Quirvane, puis J’entendais ta guitare pleurer, de Venexiana Atlantica, elles publient cette année un petit album d’une petite vingtaine de milliers de pages sur un mouvement artistique à jamais passé. Il faudrait s’interroger sur le culte du passé dans un monde pourtant si neuf, si plein d’espérances et d’avenir. Entrons pourtant dans ce livre de souvenirs.

Dans les années 2010 le mouvement VillaBar, suivi par le mouvement ArtBar, constitua une source de création à laquelle ceux qui y participèrent ont puisé pendant longtemps, longtemps après que VillaBar ait fermé ses portes de création.
Ce livre replonge dans ces années de création simple et tranquille, quand tout était encore possible pour des êtres humains qui vivent ensemble dans une ville, sous un ciel pollué mais romantique, dans un monde où les voitures traversaient de longues rues de pavés et de béton mêlés.
Quelques articles et témoignages émaillent ce livre de mémoire artistique. Plusieurs interviews de vieillards qui eurent un rôle dans ces frasques visuelles à l’époque de leur jeunesse. Comme Marcella Barbieri, dite La Marcella, photographe. Comme Sancha, Olivier Estord et Isabelle Ferrier, photographes aussi, rassemblés à nouveau quarante ans après. Ils s’étaient perdus de vue, la plupart après de grosses fâcheries, depuis des lustres. La scène de leurs retrouvailles, racontée par Damian Baladine, est émouvante : ils ne se reconnurent pas sous leurs masques de grande vieillesse.
Boris Bérard, qui jouait Stanislas Tichy, est interrogé ici par la journaliste Stella Mar (petite fille d’Esther Mar, qui participa aux romans photos VillaBar de la période Piston Pélican).
J’en reproduis un extrait.

Stella Mar :
- Vous vous souvenez bien de cette période ?
Boris Bérard :
- Ah ben ! Ben oui !
SM
- VillaBar, c’était vraiment cette ambiance artisanale et rienàfoutriste qu’on a tant décrit depuis ?
BB
- Artisanale, j’te crois. Rienàfoutriste, ben nan, quand même. C’était important pour nous tous. Mais on ne voulait pas faire sérieux. On s’amusait. En même temps, bien sûr, on se disait que ça nous mènerait p’têt quelque part.
SM
- Le personnage de Stanislas Tichy vous a longtemps collé à la peau. Etait-ce un pot de colle ou un double ?
BB
- Les deux ! Nous nous sommes influencés mutuellement. Nous nous disputions de temps en temps. Il a été gentil, puis méchant, puis gentil, puis méchant, au gré des scénaristes et de mes déguisements. Au début on croit qu’on joue un personnage. Petit à petit on comprend qu’on le crée, puis d’aventures en aventures on se rend compte qu’il nous transforme. (rires. Puis un soupir. Boris Bérard prend une chique). Evidemment, un personnage comme ça, on n’en campe pas beaucoup dans une vie d’acteur. Heureusement. C’est trop prenant. Il faut savoir changer de peau !

Indéniablement, Boris Bérard est nostalgique. Il parle aussi de la belle Ondine Frager, des frasques de William Fontaine, du profil machiavélique du trop tôt disparu Charles Mac Lance et des crises de neurasthénie d’Edith de CL. Stella Mar l’interroge sur les auteurs, dont il a connu le plus grand nombre. S’il avoue ne pas bien se souvenir d’Esther Mar ou d’Antonio Zamora, il relate en revanche des événements précis ayant eu lieu avec Sara, Mathieu Granier "el diablo dulce", Iris Ducorps ou encore Philip Darkensen. On boit avec ferveur ces anecdotes qui font revivre un monde dont le présent ne nous parle plus, mais qui hante encore tant de mémoires. Quelques photos de Bérard jeune agrémentent l’édition. Puis son portrait, pris l’année dernière par la photographe Dany Stardom. Les étoiles brillent dans les yeux de celui qui interpréta, dix ans durant, à travers films et romans photos, le truand romantique Stanislas Tichy.

 

Averell D

26/02/2010

Aux origines

lascaux, les taureaux.jpg

Aux origines de la photolittérature il y avait Lascaux. Premières captures visuelles d'animaux qui fuyaient les coups des hommes.

Oui, la Dordogne avec la grotte de Lascaux abrite la première conception romanesque de notre pays aux contours mouvants. C'est dans une autre grotte, sous les parois de Domme, que François Augiéras écrivit Les barbares d'Occident ou L'essai d'occupation : "En contraste avec l'agitation du monde, le Périgord est hors de l'Histoire, en sommeil. Cette nuit de lune, dans ce pays si tranquille, qui donc se méfierait de Nous ?"

La Dordogne a construit d'autres belles choses depuis la fresque des grottes. Mais, l'immensité du bleu du ciel et le goût de la roche sont restés :

 

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Le feu, on le maîtrise mieux qu'avant. L'eau ? Un peu mieux.

C'est peut-être en Dordogne, qu'il faudra faire un jour le RomanFocale pour apprendre à survivre, l'écoroman dont Édith rêvait ici.

 

Daniel Andorc'h et Tieri

 

22/02/2010

Soleil noir, de Paul Edwards

 

Soleil noir

 

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Photographie et littérature

"L'ouvrage identifie les éléments majeurs de l'imaginaire photographique dans les littératures française et anglaise durant les cent premières années de la photographie (1839-1939). Pendant que les écrivains se confrontent à cette nouvelle mesure du réel, les photographes, eux, s'approprient l'imaginaire littéraire. Cette histoire de l’illustration, accompagnée d’une riche iconographie (400 reproductions) et d’un répertoire critique de la fiction photo-illustrée, permet de saisir, pour la première fois, l’ampleur d’un phénomène encore méconnu".

 

Le sommaire de ce beau livre se trouve ici

Et bravo aux PUR de Rennes, qui publient un livre sur un tel thème, avec un tel titre.

... et ça se lit comme de la photolittérature : avec le coeur qui bat.

 

Pour lire une "fiche de lecture" donnée par le Temporel, c'est ici.

 

Daniel Andorc'h

 

04/02/2010

les photolittéraires I

 

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Le blog d'Où sont les enfants ? et celui du Capitaine du Bateau-Focale, Tieri Briet, ont déjà posté des réflexions sur la photolittérature enfantine et notamment sur Crin Blanc... Mais voici que j'ai découvert, dans la collection de la bibliothèque de l'amitié, les livres d'L.N. Lavolle. Les secrets de la lande... La maison du loup... L'affaire de la bella... L'étang perdu... La porte de jade... Le lis de la mousson...

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Ces livres, on pourrait les considérer comme à cheval entre les albums d'Où sont les enfants ? et les romans de Focale. Ils s'adressent en effet à un public plus jeune que celui dont nous, Focalistes, sommes amoureux, les "young adults", pour les Anglo-Saxons, qui ont à peu près entre 13 et 33 ans, et plus âgés que des petits enfants lecteurs d'albums. 
La particularité belle et étrange de cette collection, qu'il faudra peut-être imiter un jour, c'est de mélanger des illustrations dessinées et des photos. Le résultat est heureux : la fantaisie et la rêverie y trouvent leur compte.

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J'entends souvent dire : "Ah ! Comme la "littérature jeunesse" est riche aujourd'hui ! De mon temps, il n'y avait rien - que des choses niaises et moralistes". Mais moi, quand je regarde la littérature jeunesse du passé, je trouve qu'il y avait tout ce qu'il fallait, à des prix tout aussi abordables qu'aujourd'hui. Se pose alors la question du choix des parents, de la longue quête qu'il faut faire pour rencontrer les livres qui nous marqueront. 
Car, rêver que le pouvoir publicitaire et que le pouvoir scolaire mettent sous nos yeux les livres qui nous apprendront à penser et à vivre, c'est vraiment croire au système...

 

Daniel Andorc'h, pour Focale Lavolle3.jpg