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26/02/2010

Aux origines

lascaux, les taureaux.jpg

Aux origines de la photolittérature il y avait Lascaux. Premières captures visuelles d'animaux qui fuyaient les coups des hommes.

Oui, la Dordogne avec la grotte de Lascaux abrite la première conception romanesque de notre pays aux contours mouvants. C'est dans une autre grotte, sous les parois de Domme, que François Augiéras écrivit Les barbares d'Occident ou L'essai d'occupation : "En contraste avec l'agitation du monde, le Périgord est hors de l'Histoire, en sommeil. Cette nuit de lune, dans ce pays si tranquille, qui donc se méfierait de Nous ?"

La Dordogne a construit d'autres belles choses depuis la fresque des grottes. Mais, l'immensité du bleu du ciel et le goût de la roche sont restés :

 

Dordogne.jpg

Le feu, on le maîtrise mieux qu'avant. L'eau ? Un peu mieux.

C'est peut-être en Dordogne, qu'il faudra faire un jour le RomanFocale pour apprendre à survivre, l'écoroman dont Édith rêvait ici.

 

Daniel Andorc'h et Tieri

 

23/02/2010

Entrevue avec John Bar-Tabak

 

É, T & fish.jpg
scène focalienne d'observation des poissons. Photo de John Bar-Tabak, 2010

 

 

Cher John Bar-Tabak. Vous fûtes l'un des premiers à mettre en garde Tieri Briet et l'équipe de Focale contre les poissons. Vos injonctions pressentes rencontrèrent-elles un écho ?

 

Au début, non. Briet (que les autres appelaient le capitaine) errait dans la ville et répétait "je n'ai pas Internet. Je n'ai pas Internet". Il angoissait, mais ce n'était pas de la souffrance. Au fond, il aimait assez hanter la ville et boire des cafés sur la place Berberova. Son regard alternait entre les gens de l'équipe d'Actes Sud, qui fumaient leurs cigarettes à la fenêtre du premier étage, et le Rhône où sévissaient les poissons.

 

Et les autres membres de l'équipe ?


Les auteurs et photographes étaient ailleurs. Leur création les accaparait totalement. Quant à Édith de CL, elle se baladait en permanence avec un flingue pour buter un éventuel chasseur de cerfs (elle adorait les cerfs) et n'accordait nullement d'importance à mes supplications. C'était une erreur de sa part et je suis persuadé qu'elle s'en est voulue depuis. Car les événements n'ont pas tardé à me donner raison.

 

Mais quel a été, au fond, l'impact des poissons ?


En fait, toute la question était de savoir si Arles pouvait garder son équilibre entre les arènes et le fleuve. Tu sais, Édith était totalement obsédée à l'idée que le fleuve ne prenait pas assez de place dans l'univers mental de la ville. C'était une névrose de type A-23X, qu'elle tenait de sa mère. Or, elle pensait que les poissons du fleuve seuls pourraient donner à la photolittérature et au projet Focale une envergure assez immense pour que les livres de Focale aient une longévité séculaire. C'est de là qu'est née leur progressive squatterie des bords du Rhône, pour capter l'énergie préhistorique et fluviale des poissons. Je ne peux nier que les poissons aient une capacité de donner des transes créatives, bien sûr, mais je dois avouer ce que je pense au fond de moi : Focale aurait dû s'orienter davantage vers les arènes. Je l'ai déjà dit, oralement, je vous le redis oralement en sachant que vous l'écrirez : Focale a donné un goût océanique à la photolittérature, qui n'en avait pas besoin pour être salée.

 

Propos recueillis et traduits de l'anglais canadien par Daniel Andorc'h

 

 

22/02/2010

Soleil noir, de Paul Edwards

 

Soleil noir

 

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Photographie et littérature

"L'ouvrage identifie les éléments majeurs de l'imaginaire photographique dans les littératures française et anglaise durant les cent premières années de la photographie (1839-1939). Pendant que les écrivains se confrontent à cette nouvelle mesure du réel, les photographes, eux, s'approprient l'imaginaire littéraire. Cette histoire de l’illustration, accompagnée d’une riche iconographie (400 reproductions) et d’un répertoire critique de la fiction photo-illustrée, permet de saisir, pour la première fois, l’ampleur d’un phénomène encore méconnu".

 

Le sommaire de ce beau livre se trouve ici

Et bravo aux PUR de Rennes, qui publient un livre sur un tel thème, avec un tel titre.

... et ça se lit comme de la photolittérature : avec le coeur qui bat.

 

Pour lire une "fiche de lecture" donnée par le Temporel, c'est ici.

 

Daniel Andorc'h

 

19/02/2010

L'âge du capitaine

Photos TB 105.jpg

Tieri Briet, peux-tu nous parler d'Où sont les enfants ? : ce nom étrange en forme de question, les désirs que tu avais en lançant cette maison, et maintenant, les chemins que tu voudrais lui faire prendre ?


C'est une vieille histoire. Où sont les enfants ? est un nom imaginé par des enfants au cours d'un atelier d'écriture. On cherchait un nom avec un point d'interrogation. Les enfants ont fait plusieurs listes de questions, et puis il a fallu choisir celle qu'on préférait. L'atelier avait lieu dans une grange où j'entreposais mes livres et où je m'isolais pour écrire romans et scénarios. Il fallait escalader une échelle pour y accéder et ne pas avoir trop peur des toiles d'araignées ou même des chauve-souris.


Longtemps, ta vie d'éditeur a été liée à la route, aux routes de France. À quoi ressemblent les soirées, les nuits et les pensées de l'aube d'un éditeur sur la route ?


A partir du moment où il y a eu 4 livres édités (La nef des fous, Disparue, Petite brouette de survie, Histoire à dormir debout), j'ai commencé à aller voir des libraires pour leur présenter la démarche d'Où sont les enfants ?, écouter ce qu'ils pensaient de cette idée d'utiliser la photo pour raconter des histoires aux enfants. Là j'ai beaucoup appris, visité des lieux qui avaient chacun trouvé leur propre équation pour donner envie de lire aux enfants. Les libraires jeunesse sont des personnalités à part, qui ont beaucoup à raconter et j'avais plutôt envie de les écouter que de leur faire l'article sur mes propres livres. Parce qu'ils sont passionnés. Parce qu'ils défendent une idée primordiale : sans les livres, il manque une part secrète et primordiale à l'intérieur d'une enfance. Je partais avec Kiga et des livres plein le coffre. On roulait du mardi au vendredi, une semaine sur deux et pour que ces tournées ne soient pas trop coûteuses, je dormais dans la voiture ou dans mon hamac. Le soir, après la fermeture des librairies on cherchait une forêt, on ramassait du bois pour faire un feu et repartir vers une autre ville et d'autres librairies. J'ai roulé pendant deux ans et visité 240 librairies, jusqu'au jour où ça m'a semblé intenable et que nous avons confié la diffusion à Pollen.

 

Notes

L'âge du capitaine est un problème de maths très dur à résoudre

Kiga est une chienne, nommée comme la sorcière du peintre Gasiorowski

 

17/02/2010

Entrevue avec Estelle Dougier

 

 

 

Image Estelle .jpg
charme estival
Série "Figures de l'ombre"

 

 

Comment s'est passé la réalisation de Métrodore ? Était-ce une expérience nouvelle, que de se retrouver face à un texte et d'avoir à illustrer photographiquement ?

 

Oui, c’était pour moi une expérience nouvelle.

Quand Tieri Briet m’a parlé de ce projet, j’ai tout de suite eu envie de tenter l’expérience. Ma seule crainte était que le texte ne me plaise pas ou ne m’inspire pas et, dans ce cas, j’aurais refusé.

Comme j’ai adoré « Métrodore » dès la première lecture, je n’ai plus hésité, j’ai attrapé mon appareil (un Hasselblad 501 CM) et des pellicules couleur et je me suis lancée dans l’aventure.

 

Avez-vous tenté d'illustrer ce roman au plus près ? Ou bien d'avoir fait un travail parallèle, en vous éloignant du texte ?

 

Un mélange des deux.

J’ai lu le texte une première fois sans prendre de notes, une deuxième fois en notant dans un cahier tout ce qu’il m’inspirait visuellement et une troisième en soulignant  les phrases qui me marquaient le plus. Ensuite, j’ai bâti une espèce de story-board chapitre par chapitre avec les photos que j’imaginais.

Pour les illustrations des chansons (en tête de chaque chapitre), je n’avais pas besoin d’être proche du texte et j’ai tenté d’illustrer ce que les paroles m’inspiraient, les émotions qu’elles suscitaient chez moi.

Pour l’histoire elle-même, sans faire pour autant des photos littérales, je souhaitais rester proche du roman et des personnages. À mes yeux, il s’agissait de les suivre tout au long de leur aventure, de montrer les lieux dans lesquels ils allaient, les gens qu’ils rencontraient, les sentiments qu’ils éprouvaient.

J’ai cherché des personnes qui pourraient correspondre à ces personnages (le plus difficile ayant été de trouver un labrador) et qui accepteraient de poser. Avant les séances, j’avais déjà une idée assez précise des poses, de la lumière et de l’ambiance. De même pour les lieux, je souhaitais que, comme dans le roman, il y ait un hôpital, un chenil, des scènes de ville, de campagne et de bord de mer…

Tout au long de la réalisation des photographies, je n’ai cessé de relire le texte pour être certaine de ne pas trop m’en éloigner. Pour moi, il s’agissait vraiment de l’illustrer, pas de coller mes photos dessus. Je ne sais pas combien de fois, je l’ai relu !! L’avantage étant que je l’aimais suffisamment pour n’être jamais lassée.

 

Le roman photographique : est-ce une expérience que vous aimeriez recommencer ?

 

Oui car j’ai vraiment adoré travailler sur ce projet. Mais tout dépend du texte bien sûr !

 

Est-ce épanouissant pour le photographe ?

 

Pour moi, oui. Cette expérience m’a permis, tout en restant proche de mon style photographique, de me détacher, de me remettre en question et de bouleverser mes réflexes et mes habitudes. J’ai par exemple été obligée de faire plus de portraits que je n’en ai l’habitude, d’aller dans des endroits que je ne connaissais pas, de me confronter à une vision qui n’était pas la mienne, de me plonger dans l’univers de l’écrivain, Edith de Cornulier-Lucinière.

Bien évidemment, l’expérience a été d’autant plus épanouissante qu’Edith a apprécié mon travail. Je ne suis pas certaine que je dirais la même chose aujourd’hui si tel n’avait pas été le cas.

 

 

Est-ce que vous pensez que la photolittérature est un genre intéressant, porteur de sens ?

 

C’est un genre que j’appréciais déjà avant cette expérience alors je ne peux que répondre par l’affirmative.

 

 

Voyez-vous des écueils et des voies à explorer ?

 

Pour moi, le principal écueil serait de coller des images et du texte sans liens entre eux, de singer une rencontre qui n’a jamais eu lieu.

 

 

15/02/2010

Entrevue avec Lucie Pastureau

 

 

freres1Pastureau.jpg
série "Frères"

 

 

Comment s'est passé la réalisation de Septième ? Avez-vous travaillé en même temps Madeline Roth ? Ou bien le texte vous a-t-il été remis déjà achevé ?


J'ai travaillé à partir du texte déjà écrit, même si Madeline a continué à le corriger, à en réécrire certains passages. Nous nous sommes très peu vues avec Madeline à cause de la distance, mais nous avons noué une relation forte autour de ce travail, une connaissance et re connanissance de l'autre à travers le texte et l'image. Mon travail s'est fait de manière très spontanée et intuitive. Nous sommes restés, Madeline, Tieri et moi, pendant la période de prise des images, en contact et dialogue constant. J'ai mis un peu plus d'un an à produire ces images.


Avez-vous tenté d'illustrer ce roman au plus près ? Ou bien d'avoir fait un travail parallèle, en vous éloignant du texte ?


A la première lecture du texte, le travail m'a paru impossible. Il y a des passages très durs, crus, et je n'avais aucune idée de la façon dont les rendre en images, d'autant plus que le roman est destiné aux adolescents (en fait, j'ai très vite oublié à qui il était destiné).

J'ai alors décidé de prendre des libertés par rapport au texte. Je l'ai lu de nombreuses fois, commencé à faire quelques petits croquis d'images, puis je l'ai laissé de côté. J'avais le texte en moi et je n'y suis pratiquement plus revenue.

J'ai choisi de ne pas incarner les personnages, surtout celui de Laura, qui est justement, dans le texte, tellement détachée de son corps. J'ai choisi de me laisser guider par des ambiances, des couleurs, mon ressenti du texte, et le souvenir que j'en avais aussi, déformé par ma propre subjectivité et vécu.

Ma photographie est très liée à ma vie personnelle, j'ai donc continué dans cette voie. Je ne pense pas que j'aurai pu travailler avec des acteurs ou des personnes que je ne connaissais pas. J'ai, pendant un an, photographié, au gré de mes rencontres et de mes voyages. J'ai bien sûr organisé quelques séances avec mes frères et leurs amis, mais de manière très libre, je laissais se faire les choses, dans un lieu ou une lumière que j'avais choisi. Je ne sais pas mettre en scène, j'ai trop besoin du réèl, même si c'est pour ensuite glisser vers la fiction. C'est un livre à plusieurs mains, vraiment, Madeline et moi, Tieri, mes frères, leurs amis, et surtout Zoé, qui a accepté de rentrer un peu dans la peau de Laura, bref, ça s'est construit presque tout seul.

Les images prises une à une ne sont pas forcément intéressantes, c'est vraiment dans leur juxtaposition, dans le corpus qu'elles forment qu'elles prennent sens.


Le roman photographique : est-ce une expérience que vous aimeriez recommencer ? Est-ce épanouissant pour le photographe ? Est-ce que vous pensez que la photolittérature est un genre intéressant, porteur de sens ? Voyez-vous des écueils et des voies à explorer ?


Dans ce projet, on ne peut pas comprendre les images sans le texte. Même si elles sont aux antipodes de l'illustration, c'est en s'imbriquant dans les interstices des mots qu'elle se révèlent. Pour moi, le texte et l'image dans le livre, forment presque un troisième médium. C'est une recherche passionnante, et je la mène de mon côté aussi à travers d'autres projets. Depuis toute petite, j'ai le nez dans le livre, je voulais être écrivain. J'y arrive par des voies détournées!

Le livre est un lieu de création. La photolittérature est une recherche passionnante, même si elle est dangereuse... C'est très difficile de ne pas illustrer un texte, de ne pas "paraphraser" les mots en image. Je pense que les écueils sont là. Le problème aussi, quand une même personne fait les images et le texte, c'est qu'on lui reproche sa pluridisciplinarité : certains vous disent d'arrêter d'écrire, d'autres d'arrêter la photographie (c'est du vécu!). Bon, ici, le problème ne se pose pas, et c'est vraiment très riche de pouvoir mêler deux univers. Je pense que c'est en effet un médium à explorer, et dans lequel on dispose d'une grande liberté.


Pouvez-vous décrire un travail photographique que vous aimeriez avoir réalisé dans votre vie - en bref, quelle serait une oeuvre photographique idéale que vous aimeriez faire ?


J'aimerais continuer à faire des livres. Une œuvre photographique idéale, je ne sais pas, ce qui est dur surtout c'est de ne pas se répéter et de rester cohérent. De ne pas s'éparpiller aussi, à travers les différents projets, les boulots alimentaires, etc.

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Photos : Rien, qui fait partie de la série "Rien, mais les arbres" et une photo tirée du roman Septième.

 

11/02/2010

Écoroman ; quand Focale sera grand(e)

 

Tiphaine & Édith .jpg

 

 

Quand Focale sera le Cinecitta de la photolittérature, il faudra faire un grand roman de forêt et de terre, qui éventuellement, mais pas obligatoirement, se terminerait au bord de la mer, et qui raconterait la construction des cabanes et l'allumage des feux, la fraternité transanimale entre les chiens et les hommes solitaires, la peur-fascination du loup et la baignade, à l'aube glacée, dans le lac immobile.

Ce sera un roman photographique qui s'inspirera de Gary Snyder, Rick Bass, Edward Abbey, Jack London...

ça racontera la lente traversée des saisons et la lutte acharnée contre les pollueurs. Il y aura des hamacs, des repas pris dans une clairière, la découverte des arbres de la forêt, un par un, et leur histoire.

Certaines photos seront prises au ras du sol ; pour d'autres, il faudra grimper sur un haut chêne... L'appareil sera endommagé à la fin du "tournage" mais Où sont les enfants ? sera devenu une maison d'édition riche : elle pourra offrir un nouvel appareil au photographe concerné.

Le roman écologique n'a pas attendu la mode pour commencer, et il lui survivra. Focale s'emparera du genre et à la fin du livre, le lecteur saura comment on fait pour survivre dans la nature.

En attendant, lecteurs, aidez-nous à trouver un titre.

 

Édith

09/02/2010

Le roman-photo serait-il au contraire un genre radicalement nouveau ?

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© Hervé Guibert


"Qu'est-ce qu'un roman-photo ?

Comment est-ce que cela fonctionne ?

Quelles énergies peut-on y mettre en oeuvre à la faveur de ce fonctionnement ?

Quelle part y a la littérature ?

Dans quelle mesure ce genre hybride s'en rapproche ou s'en écarte-t'il ?


(...)


Le roman-photo serait-il au contraire un genre radicalement nouveau ? "


Alain Robe-Grillet, "Pour le roman-photo", préface in Edward Lachman, Elieba Levine, Chausse-trappes, Paris, Minuit, 1981, p.I.


" En 1980, Hervé Guibert publie chez Gallimard un livre dans lequel alternent des portraits noir et blanc et des pages calligraphiées dans une écriture à l'anglaise typique de l'auteur. Sur les photographies du livre figurent deux vieilles femmes, deux soeurs dont on apprend qu'elles sont les tantes de Guibert. Le titre même du texte, Suzanne et Louise, Roman-photo, revendique sans équivoque le genre. Pourtant, l'ouvrage s'écarte considérablement des codes formels en usage dans la presse populaire. Photographe, écrivain et critique, Guibert fait se rencontrer plusieurs modes d'expression dans une formule renouvelée, qui ne conserve du roman-photo traditionnel que le nom."


Cécile Camart, Les stratégies éditoriales de Sophie Calle : Livres de photographies, photo-roman, livres d'artiste. Littérature et photographie, Presses Universitaires de Rennes, sous la direction de Jean-Pierre Montier, Liliane Louvel, Danièle Méaux, Philippe Ortel, Rennes, 2008.