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17/02/2010

Entrevue avec Estelle Dougier

 

 

 

Image Estelle .jpg
charme estival
Série "Figures de l'ombre"

 

 

Comment s'est passé la réalisation de Métrodore ? Était-ce une expérience nouvelle, que de se retrouver face à un texte et d'avoir à illustrer photographiquement ?

 

Oui, c’était pour moi une expérience nouvelle.

Quand Tieri Briet m’a parlé de ce projet, j’ai tout de suite eu envie de tenter l’expérience. Ma seule crainte était que le texte ne me plaise pas ou ne m’inspire pas et, dans ce cas, j’aurais refusé.

Comme j’ai adoré « Métrodore » dès la première lecture, je n’ai plus hésité, j’ai attrapé mon appareil (un Hasselblad 501 CM) et des pellicules couleur et je me suis lancée dans l’aventure.

 

Avez-vous tenté d'illustrer ce roman au plus près ? Ou bien d'avoir fait un travail parallèle, en vous éloignant du texte ?

 

Un mélange des deux.

J’ai lu le texte une première fois sans prendre de notes, une deuxième fois en notant dans un cahier tout ce qu’il m’inspirait visuellement et une troisième en soulignant  les phrases qui me marquaient le plus. Ensuite, j’ai bâti une espèce de story-board chapitre par chapitre avec les photos que j’imaginais.

Pour les illustrations des chansons (en tête de chaque chapitre), je n’avais pas besoin d’être proche du texte et j’ai tenté d’illustrer ce que les paroles m’inspiraient, les émotions qu’elles suscitaient chez moi.

Pour l’histoire elle-même, sans faire pour autant des photos littérales, je souhaitais rester proche du roman et des personnages. À mes yeux, il s’agissait de les suivre tout au long de leur aventure, de montrer les lieux dans lesquels ils allaient, les gens qu’ils rencontraient, les sentiments qu’ils éprouvaient.

J’ai cherché des personnes qui pourraient correspondre à ces personnages (le plus difficile ayant été de trouver un labrador) et qui accepteraient de poser. Avant les séances, j’avais déjà une idée assez précise des poses, de la lumière et de l’ambiance. De même pour les lieux, je souhaitais que, comme dans le roman, il y ait un hôpital, un chenil, des scènes de ville, de campagne et de bord de mer…

Tout au long de la réalisation des photographies, je n’ai cessé de relire le texte pour être certaine de ne pas trop m’en éloigner. Pour moi, il s’agissait vraiment de l’illustrer, pas de coller mes photos dessus. Je ne sais pas combien de fois, je l’ai relu !! L’avantage étant que je l’aimais suffisamment pour n’être jamais lassée.

 

Le roman photographique : est-ce une expérience que vous aimeriez recommencer ?

 

Oui car j’ai vraiment adoré travailler sur ce projet. Mais tout dépend du texte bien sûr !

 

Est-ce épanouissant pour le photographe ?

 

Pour moi, oui. Cette expérience m’a permis, tout en restant proche de mon style photographique, de me détacher, de me remettre en question et de bouleverser mes réflexes et mes habitudes. J’ai par exemple été obligée de faire plus de portraits que je n’en ai l’habitude, d’aller dans des endroits que je ne connaissais pas, de me confronter à une vision qui n’était pas la mienne, de me plonger dans l’univers de l’écrivain, Edith de Cornulier-Lucinière.

Bien évidemment, l’expérience a été d’autant plus épanouissante qu’Edith a apprécié mon travail. Je ne suis pas certaine que je dirais la même chose aujourd’hui si tel n’avait pas été le cas.

 

 

Est-ce que vous pensez que la photolittérature est un genre intéressant, porteur de sens ?

 

C’est un genre que j’appréciais déjà avant cette expérience alors je ne peux que répondre par l’affirmative.

 

 

Voyez-vous des écueils et des voies à explorer ?

 

Pour moi, le principal écueil serait de coller des images et du texte sans liens entre eux, de singer une rencontre qui n’a jamais eu lieu.

 

 

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