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19/06/2009

Une nouvelle collection de romans photographiques pour adolescents

 

Septième et L'avenir sont les deux premiers titres d'une nouvelle collection pour adolescents, Focale.

 

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Focale explore un genre littéraire émergent, la « photolittérature ». Après en avoir démontré la puissance émotionnelle sur le terrain de l'album et de l'enfance, Où sont les enfants ? voulait depuis longtemps étendre ce nouveau langage au roman.

En proposant des romans photographiques, la collection Focale veut toucher par la force des images et du texte un public qu'on pourrait définir comme "jeunes adultes", entre 15 et 25 ans. Cette tranche d'âge, volontairement large, situe la collection dans une sphère littéraire qui va de Scripto (Gallimard) à Exprim' (Sarbacane) en passant par doAdo (Le Rouergue).

Dans les pays anglo-saxons, cette catégorie de public existe bel et bien, sous le terme « Youngs adults » et nous sommes en France aux prémisses d'une telle segmentation. Dans les bibliothèques, les librairies, chez les éditeurs se poursuit cette réflexion neuve, importante et fondatrice d'une nouvelle écriture romanesque.

Focale publiera deux titres par an, des romans photographiques en couleur, avec des écritures incisives, "à fleur de peau". L'enjeu est de taille : pour les adolescents d'aujourd'hui, l'image photographique est partout, comme pratique autant que comme culture. Il s'agit alors de montrer que le texte et l'image peuvent dialoguer, faire naître une autre expérience de lecture.

 

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(Couverture provisoire)

 


Septième et L'avenir, comme d'autres romans en préparation, ont été conçus à partir d'une démarche éditoriale particulière, déterminée pas à pas par la création des albums de Chahu-Bohu : Au commencement du projet existe d'abord un texte, pour lequel nous recherchons un photographe dont l'univers peut correspondre aux ambiances du roman. Ce choix, déterminant pour le livre à venir, implique l'accord de l'auteur. Commence alors une réflexion avec le photographe, puis l'organisation des prises de vues (personnages, décors, lumières) et, au fur et à mesure que naissent les photographies, une ébauche de maquette pour définir les images encore manquantes. A partir des images, le texte sera lui aussi en partie réécrit.


Cécile Menendez et Lucie Pastureau ont travaillé presque une année pour réaliser la soixantaine de photos que contiendra chaque livre. C'est une recherche de longue haleine, pour laquelle elles ont aussi plongé dans leurs archives. Le plus troublant est de voir ainsi naître un objet littéraire de haute intensité, conçu par ce dialogue de deux sensibilités jumelles.

10/06/2009

Les premiers mots

Lorsqu'on a reçu les premières pages de l'Avenir, il a fallu arrêter, s'arrêter, arrêter tout ce que l'on faisait et puis s'asseoir et lire. L'écriture de Catherine Leblanc emporte. Et son livre, L'Avenir, il gardera ce très beau titre, ce titre qui dit tellement.


Les premières lignes, les voilà.

Ma sœur est folle. Elle sort la nuit à deux heures du matin. Dès que ma mère dort, elle s’esquive. Depuis qu’elle a quinze ans, elle rejoint des garçons. Ma sœur est folle. Elle ne veut pas travailler, ni maintenant, ni plus tard. Il n’est pas question de retourner au lycée. Ma sœur est folle. Son dernier copain a perdu une main. Il essayait de fabriquer des explosifs. Agnès le trouve génial.

Ma sœur est brune et moi aussi. Ma mère est châtain clair. Ma sœur demande, où est notre père ? Ma mère ne sait pas, personne ne sait. Sur les photos, il était brun, assez beau et brun. Je me demande comment il était, à part brun, mais je ne pose pas la question à haute voix. Je la pose silencieusement, au chat qui dort. Je n’attends pas trop de réponse, je sais qu’on ne me dira rien car mon père doit avoir le chromosome de la folie.

Agnès veut le retrouver. Pas moi. Il est parti quand ma mère m’attendait. Charmant accueil ! Agnès avait cinq ans, elle l’adorait.

Moi, je ne l’ai jamais aimé, jamais. Et lui non plus. Ça me fait mal quand j’y pense. Plus tard, je trouverai un homme qui m’aimera toujours.

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© Cécile MENENDEZ

10:24 Publié dans L'avenir | Lien permanent | Commentaires (0)